Architecture
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COMMONS RUINS

Prix : Mention d’honneur

Costa Bonnamour - ECCE Studio

Jury présidé par Anish Kapoor et Rudy Ricciotti

 
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Vue du dessus

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Coupe du site

À une centaine de kilomètres des châteaux de la Loire, le Château de la Mothe-Chandeniers s’érige non loin du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine. Depuis sa construction au XIIIème siècle, le château a connu plusieurs histoires et différentes architectures avant d’être laissé en ruine en 1932 suite à un incendie spectaculaire. Depuis la reprise des milliers de copropriétaires en 2017, l’oeuvre singulière est prête à reprendre vie. Le programme d’accueil touristique, de restauration, d’hôtellerie et d’expositions permet une nouvelle approche de visite et inclut les acteurs locaux. Tenant compte de cette nouvelle situation et répondant au mystère et au romantisme de cette bâtisse, le projet se veut être une intervention forte, dans le respect du lieu. À l’échelle du site, le projet re questionne l’axe principal d’accueil qui se faisait à l’origine par la façade Ouest: l’entrée devient latérale afin d’exploiter l’ensemble de la parcelle. Cette nouvelle entrée permet une mise en scène et une découverte progressive du château, pièce maîtresse du site. Cette entrée accentue également la symétrie de la parcelle. La présence importante de l’eau sur le site et l’analyse d’un château du Moyen-Âge entouré de ses douves ont placé le rapport à l’eau au cœur du projet. C’est donc sur la lame d’eau centrale que vient se poser la circulation principale sous forme de ponton. Le minimalisme de cet axe de circulation fait alors écho à la radicalité de la passserelle surplombant les ruines du château. Les bâtiments implantés aux bords des rives, accompagnent le parcours jusqu’au château mettant en exergue les ruines majestueuses et accentuant leurs verticalités. Le programme est travaillé comme une balade en sous-bois, tous les regards s’orientent d’un côté vers le château et de l’autre, son pendant symétrique, vers la partie hôtellière du projet. 

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Plan masse

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Axonométrie du site

L’axe principal sur la lame d’eau n’est pas un chemin unique et obligatoire. Des installations architecturales, des stations de contemplation, soulignent des circulations secondaires à travers le domaine, intégrant ainsi la chapelle au projet. Ces éléments permettent des points de vue différents sur le château dans son ensemble, la nature , le paysage. Au niveau paysager, il s’agit tout simplement de préserver et accentuer la biodiversité qu’offre ce milieu humide avec la mise en avant des grands saules et la création d’une roselière, et de transformer les actuelles zones de pelouse en grandes prairies fleuries en permaculture afin d’accentuer le côté naturel et sauvage du site.À l’échelle du bâti, les édifices ont été travaillés en résonance aux annexes du château et rappellent les longères agricoles locales par leur typologie de bâtiments à développement en longueur. Ici radicalisés avec un toit à une pente et unifiés par leurs revêtements en bois brûlé, les bâtiments diffèrent entre eux par leurs jeux d’ouvertures en façade. De larges baies vitrées permettent un effet dedans-dehors en reflétant la végétation environnante. À l’intérieur des bâtisses, les murs épais en pisé composés avec une terre locale sont privilégiés comme technique naturelle pour isoler les bâtiments et réguler la température. La division hôtel garde le même principe esthétique mais diffère par un agencement centrifuge en miroir avec le plan de la Mothe-Chandeniers. L’intimité est ici préservée par un jeu de micro-architectures dans le volume général du bâtiment et par l’implantation d’une végétation écran. 

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Passage au niveau de la passerelle

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Vue depuis la chambre

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Vue globale du projet

À l’échelle du détail, le projet intègre des modules architecturaux indépendants  qui viennent lier les bâtis, créer des points de vue et souligner les qualités intrinsèques du site: tantôt passerelle entre deux rives, liaisons entre deux bâtiments, ils pourront également permettre l’accès aux ruines sans les dénaturer. Intervention légère ils viennent sans se poser au-dessus des ruines ou des troncs d’arbres jonchés au sol, jusqu’à devenir véritablement une passerelle, permettant de contempler les ruines et la végétation qui l’a envahi en prenant de la hauteur. Dans le château le choix a été fait de laisser une partie complètement sauvage accessible grâce à ces éléments ajoutés. À cet endroit, la nature est perçue depuis le sol, le château prend toute son ampleur, le visiteur est en immersion dans les ruines. Depuis la passerelle, le schéma s’inverse : le visiteur observe la nature maintenue par les ruines, en contrebas et découvre en les outrepassant l’ensemble du domaine. À l’image de la nature qui a pris possession des ruines, visible depuis l’extérieur, la passerelle elle aussi s’étend au delà des limites du château et ouvre de nouvelles perspectives.À toutes les échelles, le projet vient magnifier la Mothe-Chandeniers. Le parcours accentué par des bâtis en longueur et expérimenté par la marche, permet de réunifier le château à sa parcelle et de créer une expérience de visite plus globale. Que ce soit à travers le parcours contemplatif, la typologie des batiments ou les interventions architecturales, le projet reste à taille humaine et permet une mise en perspective encore plus théâtrale du château. 

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Plan + Coupe // Restaurant Salle polyvalente. Accueil

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Plan du château ++ Logements